[Témoignage] Jean-Guy Henckel, Directeur national du Réseau Cocagne

Fafsea Fafsea - il y a 8 mois

Le rôle de la formation professionnelle et la contribution du Fafsea : le témoignage de Jean-Guy Henckel, Directeur national du Réseau Cocagne.

Pouvez-vous nous rappeler le concept des Jardins de Cocagne ? 
Créés en 1991, les Jardins de Cocagne sont des exploitations maraîchères biologiques qui distribuent une fois par semaine des paniers de légumes à des adhérents-consom’acteurs. Structurées en réseau depuis 1999, nos exploitations ont la particularité d’œuvrer pour la réinsertion de publics en grande difficulté et accueillent une diversité de populations afin de garantir une véritable mixité sociale. Nous constatons l’effet bénéfique, aussi bien d’un point de vue physique que mental, du travail de la terre pour les personnes fragilisées ou en grande précarité. Chaque jardin produit entre 80 et 100 types de légumes différents par an, sous serre ou en plein champ, avec une forte exigence de qualité pour satisfaire les consom-acteurs qui nous font confiance.

Quel rôle joue la formation professionnelle par rapport à vos enjeux et à vos besoins ? 
La formation professionnelle joue un rôle capital pour notre organisation. Tout d’abord vis-à-vis de nos salariés permanents. En effet, qu’il s’agisse des chefs de culture ou des encadrants-maraîchers pour la partie exploitation, ou du personnel administratif, des gestionnaires, des directeurs de structure ou des accompagnateurs socioprofessionnels, aucun ne maîtrise à la fois les aspects agricoles et sociaux en arrivant. Les enjeux de professionnalisation sont énormes. Il faut les former à d’autres domaines de compétences dont ils n’ont absolument pas l’habitude. Ainsi, nos trois axes de formation sont la production agricole, la commercialisation et la distribution, et l’accompagnement socioprofessionnel des personnes en réinsertion, auxquels s’ajoutent des problématiques managériales pour les directeurs. C’est pourquoi, nous avons très tôt ouvert un centre de formation. 
D’autre part, nous devons également répondre aux besoins de formation des salariés en parcours de réinsertion que nous accompagnons et qui en général n’ont pas de formation qualifiante en arrivant chez nous. S’ils travaillent dans l’agriculture lors de leur passage aux Jardins de Cocagne, ce n’est pas toujours le domaine dans lequel ils souhaitent poursuivre leur parcours professionnel par la suite. Ils doivent alors souvent suivre une formation et nous les aidons à trouver celle qui sera la plus adaptée  à leurs besoins.

Quelle a été en 2016 la contribution du Fafsea par rapport au développement de votre réseau de jardins ? 
Le Fafsea nous accompagne depuis longtemps et nous aide à financer la formation des salariés. Ainsi, près de 120 000 heures de formation ont été délivrées aux salariés en insertion avec l’aide du Fafsea et d’autres organismes partenaires comme le Fonds Social Européen. Nous souhaitons poursuivre et approfondir notre partenariat avec le Fafsea afin de répondre encore mieux à notre problématique spécifique de formations à la fois agricoles et sociales. 

Quels sont vos objectifs à venir par rapport à la réinsertion de personnes en difficulté ? 
Depuis plusieurs années, nous axons notre stratégie sur la recherche et le développement en gardant toujours comme objectifs nos trois principes fondamentaux : la réinsertion, les circuits-courts et la dimension environnementale. Ainsi, nous développons de nouveaux concepts comme des restaurants, des conserveries, de la restauration collective, de l’agriculture urbaine, ou encore des exploitations dédiées aux fleurs… Par ailleurs, nous orientons également notre réflexion sur l’innovation face à l’enjeu des transformations du travail dans le monde à venir. 


© Thomas Louapre
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